Design a site like this with WordPress.com
Get started

Evasion en Grand Armagnac

par Nathalie Bibas, Dimanche 6 octobre 2019

Après une petit déjeuner matinal, nous sommes partis de Toulouse vers les 8h en direction du Gers à la découverte du sanctuaire de Notre Dame de Tonnetau dédié à la Vierge Marie. Il s’agit d’un ancien haut lieu de pèlerinage situé sur l’emplacement d’une apparition de la vierge au XVIè siècle.


Au XVIè siècle, la famine régnait dans la région. La légende dit que dans le vallon de Tonnetau, un enfant priait et pleurait en gardant quelques moutons. Tout à coup, une clarté céleste enveloppa un ormeau tout proche, tandis qu’au milieu apparaît une belle Dame. Elle console l’enfant et lui promet que le pain ne manquera jamais plus. Au berger qui lui demande son nom elle dit : – Je suis la Vierge Marie, je désire qu’une chapelle soit bâtie en ce lieu.


Rentré dans sa maison, l’enfant trouva du pain en abondance ; et la famine cessa dans tout le pays. Les foules ne tardèrent pas à venir au lieu même de l’apparition. On but, on se lava à la source très abondante qui coulait à côté. Beaucoup de malades furent guerris.

A notre arrivée, un guide nous a accueilli devant le rocher de la vierge ; c’est à cet endroit que se trouvait l’ormeau sous lequel la vierge était apparue. Juste à côté, nous avons tous pu remarqué les fruits étranges d’un oranger des Osages, symbole de sagesse.

Nous avons ensuite suivi notre guide dans la chapelle. Au fil du temps, plusieurs chapelles y ont été édifiées. C’est en 1864 que fut bénie la dernière, une belle chapelle ogivale. On y vénère plusieurs statues de la Sainte Vierge, taillées dans l’arbre même de l’apparition.

Tout autour, le parc abrite chênes et ormeaux plusieurs fois centenaires, pieusement conservés et une source aux vertus guérisseuses. Les 14 stations d’un chemin de croix en ciment armé, reproduisant chacune un arbre différent, viennent dessiner une surprenante église de verdure qui accueille de nombreux mariages en plein air. Vers 1850, un bourgeois de Gondrin songea à exploiter l’eau abondante de la source par la construction d’un établissement de bains avec hébergement, toujours visible. L’eau est profuse dans ces roches de calcaire, et coule sans répit, ce qui détonne avec l’essentiel des sources gasconnes, suintant capricieusement de la mollasse.
Les habitants du coin continuent à venir s’approvisionner en cette eau que nous avons également pu goûter.

Nous avons ensuite pris congé de notre guide et nous sommes rendus dans un atelier de fabrication de croustades. Il y régnait une bonne odeur de pommes caramélisées. La croustade et un dessert traditionnel élaboré depuis des décennies avec des pommes et de l’armagnac.

Dans l’arrière boutique nous avons pu admirer le chef pâtissier à l’ouvrage :
La recette consiste à étendre une pâte souple sur une table immense. La pâte est ensuite séchée à l’aide d’un ventilateur. Une fois sèche, tel un drap fin, cette pâte découpée avec dextérité au couteau donne des rondelles fines et légères qui cachent des pommes (ou pruneaux) gorgés d’armagnac. Les pâtes supérieures sont froissées, donnant une élégance certaine à cette pâtisserie gasconne. Bien sûr, nous n’avons pas résisté à la dégustation d’une croustade fraichement sortie du four.
Après quelques emplettes dans la boutique qui proposait également des spécialités locales, mis en appétit, nous nous sommes dirigés vers l’Auberge Du Lac pour un déjeuner traditionnel. Moment convivial au cours duquel nous avons dégusté des spécialités essentiellement à base de canard.

Afin de faciliter la digestion, une visite du Lavoir de Lasdoutz a été improvisée.
La DOTZ (« la source » en gascon), Lasdoutz aujourd’hui, est une des toutes premières sources de Gondrin car très abondante en toutes saisons. Elle sert d’ailleurs au remplissage du bassin de baignade de la base de loisirs.
Initialement en 1843, ce lavoir a été conçu pour faire « monter l’eau de la Dotz en complément des puits pour les besoins du parc du château »
Actuellement Site archéologique de Gers : « Lavoir à impluvium doté d’une cheminée, l’un des plus pittoresque du département… »

Par la suite nous nous sommes rendus au domaine de Polignac, appartenant à la famille Gratian, producteurs d’armagnac. Une promenade dans le vignoble nous a conduit à une vieille chapelle avec un joli clocher dont nous avons eu le privilège de faire sonner la cloche. Puis nous avons visité le chai d’Armagnac.

L’armagnac est une eau-de-vie de vin produite dans la région d’Armagnac dans le Gers et dans quelques cantons du Lot-et-Garonne et des Landes. Il provient de la distillation de vins blancs de 3 zones délimitées. Les trois régions de production et d’appellations sont : Bas Armagnac, Haut Armagnac et Ténarèze.

L’armagnac a été élaboré dés le début du XIVe siècle par les moines de Gascogne et était connu pour ses vertus médicales. A partir du XVIe siècle, les marchands hollandais le commercialisent dans toute l’Europe en le transportant par bateaux.
A la fin du XIXe, l’alambic armagnacais en continu est créé.

Le Décret du 25 mai 1909 délimite la zone de production d’Armagnac et ses trois régions et le Décret du 6 août 1936 définit l’Appellation d’Origine Contrôlée Armagnac ainsi que ses conditions d’élaboration.

Les cépages

La folle blanche cépage utilisé de longue date, mais moins utilisé en raison de sa sensibilité à la pourriture blanche représente 22 %, le Colombard est en diminution également. Aujourd’hui, on utilise principalement l’ugni blanc (55 %), le Baco 22 A hybride de la folle blanche et du Noah (35 %).

L’Ugni-blanc est le cépage de distillation par excellence. Il donne des vins acides, peu alcoolisés, qui après distillation produisent des eaux-de-vie fines et de qualité. Ce cépage s’adapte aussi bien à tous les terroirs de l’Armagnac.
 

La vinification

Les raisins récoltés au mois d’octobre sont pressés, et le jus mis en fermentation de manière tout à fait naturelle,  Le vin est généralement acide et peu alcoolisé ; il a ainsi une bonne capacité à conserver toute sa fraîcheur et ses arômes jusqu’à la distillation.

La distillation de l’armagnac

Le vin de base est un vin blanc sec.

L’alambic permet par distillation de produire de l’eau-de-vie du vin. L’alambic armagnacais est à coulée continue, il distille le vin en un seul passage. Il est en cuivre pur et a 2 ou 3 chaudières superposées.

Le vin est chauffé, sous l’effet de la chaleur produite, des vapeurs de vin remontent à contre courant et  » barbotent  » dans le vin au niveau de chaque plateau. 
Ces vapeurs s’enrichissent de l’alcool et captent les substances aromatiques du vin et donnant ainsi toute sa spécificité à l’Armagnac. Elles sont condensées puis refroidies dans le serpentin.

À la sortie de l’alambic, l’eau-de-vie est incolore, son degré alcoolique peut varier de 54° et 60°. À ce stade, l’Armagnac est encore plein de fougue, mais il est déjà d’une grande richesse aromatique : très fruité (prune, raisin) et souvent floral (fleur de vigne ). Le vieillissement sous bois lui conférera une complexité et une douceur supplémentaires.


Il est à noter que cette distillation doit se faire dans les trois mois qui suivent la récolte, aux alentours du 11 novembre. Au domaine de Polgnac, le vin est distillé à la propriété, avec l’aide d’un distillateur ambulant (ou « bouilleur ambulant ») qui va ainsi de chai en chai distiller le vin des vignerons .

Le vieillissement de l’armagac

Dès la sortie de l’alambic, l’eau-de-vie d’une teneur alcoolique de 52 à 72 % est mise dans des fûts de chêne gascon neufs de 400 à 420 l. L’eau-de-vie s’enrichit des matières tanniques aromatiques du bois qui se dissolvent dans l’alcool. Cet élevage dure entre 6 et 12 mois.

Puis l’eau-de-vie est transvasée dans des fûts plus anciens dits « épuisés » (ayant épuisé leurs tanins). L’eau de vie évolue lentement en perdant de l’astringence et en prenant de la douceur et des arômes.

L’apport des « petites eaux » constituées d’un mélange d’eau distillée et d’Armagnac permet de réduire le degré d’alcool à 40°. Les coupes sont les assemblages de plusieurs eaux-de-vie de barriques et de millésimes différents effectuées par le maitre de chais afin d’obtenir une qualité constante de l’Armagnac .

À l’occasion des vendanges,  jus de raisin frais et jeune Armagnac (deux tiers et un tiers) sont mariés dans une cuve en inox ou fibre de verre.
L’assemblage repose jusqu’à la fin de l’hiver. Ainsi naît au Printemps le Floc de Gascogne.

Pour finir cette magnifique journée, nous avons dégusté Armagnac, Floc de Gascogne blanc et rosé.


Le retour sur Toulouse s’est fait dans la joie et la bonne humeur, de merveilleux souvenirs plein les yeux et les papilles.

Advertisement

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: